[PRESSE] Dada Africa

En charge de la rédaction du hors-série de L’Objet d’art n°118 consacré à l’exposition « Dada Africa. Sources et influences extra-occidentales » présentée à l’Orangerie à Paris à partir du 17 octobre 2017.

Aperçu du numéro ici.

L’importance des arts extra-occidentaux sur le mouvement Dada a été peu étudiée. En coopération avec le musée Rietberg de Zurich et la Berlinische Galerie de Berlin, le musée de l’Orangerie propose à travers ce prisme une passionnante relecture du dadaïsme. En un foisonnant parcours (300 pièces), tracts, poèmes, photographies et masques africains se mêlent aux peintures, costumes bariolés, bijoux, marionnettes, collages et tapisseries de Jean Arp, Hannah Höch, Marcel Janco ou Sophie Taeuber.

Hans Arp, Collage, 1920. Galerie Natalie Seroussi. Photo courtesy Galerie Nathalie Seroussi © adagp, Paris 2017

ARTICLES
« Du noir puisons la lumière », entretien avec les commissaires de l’exposition Cécile Debray et Cécile Girardeau
Dada introduction, une présentation de la problématique de l’exposition, ainsi que de l’anti-mouvement qu’est dada dans ses grandes lignes, notamment dans son lien à la philosophie de Nietzsche.
Dada performance, ou comment le Cabaret Voltaire constitue le cœur de l’attitude et de la pensée dadaïstes, tremplin pour le développement du paradigme de la performance qui ne cessera par la suite de jouer un rôle de premier plan dans l’art, et ceci, jusqu’à aujourd’hui
Accessoires. La pratique de la performance implique l’usage d’objets pour décorer le corps et l’espace scénique, accompagner les mouvements et les sons, susciter des images et des émotions.
Musique et poésie. Dans un esprit nietzschéen, les dadaïstes assimilent les arts visuels à l’apollinien, à l’art de la mesure et de la beauté prôné par l’idéal classique. Contre la prédominance de ce modèle, la révolte dada initie un nouveau départ à partir d’un noyau dionysiaque composé de musique et de poésie. Musicalité, rythme, jeu sur le signifiant, pulsion, excès, humour, provocation deviennent les moteurs d’un faire artistique construit sur la performance.
Danse et mouvement. Au même titre que la poésie et la musique, et parce qu’elle libère l’expression en passant directement par le corps, la danse est un agent essentiel dans l’élaboration d’une contre-culture dada salvatrice, dionysiaque, venue se nourrir à la source « primitive » de l’art.
Dada Africa. Le regard porté en Europe sur les arts africains, océaniens et amérindiens se construit, en ce début du XXe s., à travers des objets culturels nouveaux. Expositions universelles, quotidiens illustrés relayant l’actualité des colonies, cartes postales, romans d’aventures ou récits de voyage, et surtout l’émergence de musées d’arts premiers nourrissent mythes et imaginaire du lointain.
Paul Guillaume. Portrait du célèbre collectionneur parisien, précurseur de la diffusion en Europe et aux États-Unis de l’art africain. Il joue un rôle de passeur pour certains artistes dada.
Dada fusion. Par-delà leurs contradictions, les dadaïstes ne cessent de fusionner non seulement les idées et les cultures, mais aussi les formes et les matières, les textes et les images, les rêves et la réalité. Alliant le hasard à la nécessité, l’animé et l’inanimé, cette méthode d’expérimentation s’exprime tout particulièrement dans les photomontages, les collages et les films dada.
Jean Arp et Sophie Taeuber. Subtile équilibre entre géométrie et vie, l’œuvre plastique et dansé de Taeuber joue rigoureusement mais librement avec les formes et les couleurs, tandis qu’Arp se tourne vers un biomorphisme de plus en plus affirmé, mêlant l’abstrait et le concret, l’animé et l’inanimé, le minéral et le végétal.
Hannah Höch et Raoul Hausmann. Importé de Zurich par son fidèle émissaire Huelsenbeck, Dada ouvre en 1918 à Berlin un nouveau chapitre de son histoire. C’est sur la scène berlinoise révolutionnaire qu’évoluent Höch et Hausmann, dont les œuvres incarnent l’atmosphère historique houleuse: tandis que l’Empire allemand agonise, une révolution échoue et la République de Weimar est proclamée.
Post-Dada. Par son éclectisme, Dada a rendu possible un éventail hétéroclite de filiations. Son « anti-art » libérateur, sa propension à l’hybridation des genres et des formes, ainsi que sa démarche transgressive n’ont cessé d’inspirer les artistes. La définition même de l’activité artistique s’en est trouvée profondément transformée.