{"id":4203,"date":"2019-12-21T13:03:27","date_gmt":"2019-12-21T13:03:27","guid":{"rendered":"http:\/\/clarapacquet.com\/?p=4203"},"modified":"2023-01-13T17:04:24","modified_gmt":"2023-01-13T17:04:24","slug":"text-alfred-metraux-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clarapacquet.com\/?p=4203&lang=de","title":{"rendered":"[TEXT] Alfred M\u00e9traux"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Alfred M\u00e9traux ou la \u00ab\u00a0nostalgie du n\u00e9olithique\u00a0\u00bb<\/b><\/span><\/h2>\n<p class=\"p3\" style=\"text-align: right;\"><span class=\"s1\">\u00ab\u00a0Pour montrer la vanit\u00e9 de l\u2019exhaustivit\u00e9 et de l\u2019objectivit\u00e9 apparente, j\u2019introduis volontairement des erreurs. Par exemple, dans mes documentaires, il y a toujours une indication fausse.\u00a0\u00bb<br \/>\n<i>Entretien avec Luc Moullet, 1993<\/i><\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">\u00c0 l\u2019heure d\u2019une reprise massive de la d\u00e9forestation du poumon vert amazonien orchestr\u00e9e par le pr\u00e9sident br\u00e9silien Bolsonaro, si brutale qu\u2019elle inqui\u00e8te m\u00eame les participants du G7 \u00e0 Biarritz, l\u2019histoire de l\u2019anthropologue suisse naturalis\u00e9 am\u00e9ricain Alfred M\u00e9traux frappe par sa justesse et son tragique. En 1963, dix jours apr\u00e8s son suicide par absorption de barbituriques, son corps est retrouv\u00e9 dans une for\u00eat de la vall\u00e9e de Chevreuse au sud-ouest de Paris. Nouvellement retrait\u00e9 de ses fonctions \u00e0 l\u2019UNESCO, celui qui souffrait d\u2019une \u00ab\u00a0nostalgie du n\u00e9olithique\u00a0\u00bb avait parcouru le monde afin de pr\u00e9server la m\u00e9moire de civilisations fragiles, priv\u00e9es d\u2019avenir du point de vue de l\u2019histoire des dominants. La violence du rouleau compresseur d\u2019une civilisation occidentale guid\u00e9e par ses id\u00e9es de progr\u00e8s et d\u2019universel, une violence \u00e0 laquelle M\u00e9traux ne put lui-m\u00eame se soustraire, eut sans doute raison de lui. Peu avant sa mort, il avait publi\u00e9 dans <i>Le Courrier de l\u2019UNESCO<\/i> un article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0La vie finit-elle \u00e0 soixante ans\u00a0?\u00a0\u00bb Outre son abattement face \u00e0 la fureur productiviste, les raisons de son d\u00e9sespoir sont le fruit de nombreuses ann\u00e9es de pratique ethnographique habit\u00e9e du souhait \u2013 avort\u00e9 \u2013 d\u2019une participation de la science \u00e0 une \u00ab\u00a0modernisation\u00a0\u00bb raisonn\u00e9e et respectueuse des pratiques ancestrales.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\"><b><i>Point Counter Point<\/i><\/b><br \/>\nDans son journal, l\u2019anthropologue n\u2019aura cess\u00e9 d\u2019exprimer ses doutes. Il se sent non seulement \u00e9tranger face aux peuples et aux cultures qu\u2019il d\u00e9sire comprendre et dont il documente les pratiques, les croyances et les mythes, mais il ressent aussi l\u2019impression d\u2019\u00eatre \u00e9tranger \u00e0 sa propre culture. C\u2019est dans le roman d\u2019Aldous Huxley <i>Point Counter Point <\/i>(1928)<i> <\/i>qu\u2019il avait trouv\u00e9 la meilleure description de lui-m\u00eame dans le personnage de Philip Quarles. Dans une lettre \u00e0 Yvonne Oddon du 25 mai 1932, il disait d\u00e9j\u00e0\u00a0y reconna\u00eetre son sosie. <i>Point Counter Point <\/i>pose la question de l\u2019identit\u00e9 \u00e0 travers un protagoniste dont la sensation de soi comme des autres ne cesse de lui filer entre les doigts. La qu\u00eate d\u2019une stabilit\u00e9 ne semble pourtant pas habiter M\u00e9traux qui fut particuli\u00e8rement conscient de l\u2019instabilit\u00e9 fondamentale des choses et des \u00eatres, et de la pr\u00e9cision et d\u00e9licatesse avec laquelle nous devrions les regarder, anim\u00e9s d\u2019un devoir de compr\u00e9hension, de soin et de consid\u00e9ration.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\"><b>Une tristesse motrice<\/b><br \/>\nCette m\u00e9lancolie visc\u00e9rale, sentiment moteur du chercheur, traverse toute une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019anthropologues dont le t\u00e9moignage peut-\u00eatre le plus c\u00e9l\u00e8bre reste encore aujourd\u2019hui <i>Tristes tropiques<\/i> (1955) de Claude L\u00e9vi-Strauss, que M\u00e9traux eut bien connu et qu\u2019il fit venir aux \u00c9tats-Unis lorsque la Seconde Guerre mondiale \u00e9clata. L\u00e9vi-Strauss confia un jour en 1988 \u00e0 Didier Eribon que, \u00e0 ses yeux, la vie de M\u00e9traux fut au fond une longue \u00ab\u00a0acclimatation\u00a0\u00bb \u00e0 son suicide. Comme L\u00e9vi-Strauss, l\u2019anthropologue suisse officia au Br\u00e9sil, mais aussi sur l\u2019\u00cele de P\u00e2ques o\u00f9 il effectua des recherches de terrain en 1934 (<i>Ethnologie de l\u2019\u00cele de P\u00e2ques, <\/i>1935) ou en Ha\u00efti en 1941 (<i>Le Vaudou ha\u00eftien,<\/i> avec une pr\u00e9face de Michel Leiris, 1958). Si ses travaux sur le vaudou et la possession comme com\u00e9die rituelle l\u2019ont rendu c\u00e9l\u00e8bre, M\u00e9traux a r\u00e9alis\u00e9 des recherches empiriques et rassembl\u00e9 un mat\u00e9riel ethnographique de premi\u00e8re importance dans plusieurs r\u00e9gions d\u2019Am\u00e9rique du Sud, notamment dans la r\u00e9gion des Andes, en Argentine et au Paraguay (<i>Mythes et contes des Indiens Matako, <\/i>1939, <i>Les Incas, <\/i>1962). Ainsi que le L\u00e9vi-Strauss le rappelle \u00e0 Eribon, M\u00e9traux fut conscient toute sa vie du destin de l\u2019anthropologie inexorablement li\u00e9 \u00e0 celui de la colonisation et souffrit de cette ambivalence assassine toute sa vie.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\" style=\"text-align: right;\"><span class=\"s1\">\u00ab\u00a0La plupart des ethnographes, surtout ceux qui ont travaill\u00e9 sur le terrain, sont, dans une mesure ou une autre, des rebelles, des anxieux, des gens qui se sentent mal \u00e0 l\u2019aise dans leur propre civilisation.\u00a0\u00bb<br \/>\n<i>Fernande Bing, Entretien avec Alfred M\u00e9traux, 1961<\/i><\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\"><b>De la Suisse \u00e0 l\u2019Argentine<\/b><br \/>\nN\u00e9 \u00e0 Lausanne en 1902, il connaissait bien l\u2019Argentine o\u00f9 il avait v\u00e9cu jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de dix ans, car son p\u00e8re y exer\u00e7ait comme chirurgien, avant de rentrer \u00e0 Lausanne pour ses \u00e9tudes secondaires. \u00c9tudiant \u00e0 l\u2019\u00e9cole nationale des Chartes \u00e0 Paris qui forme des historiens, des archivistes, des pal\u00e9ographes et des conservateurs, M\u00e9traux fait la connaissance de Georges Bataille. Sa rencontre avec Michel Leiris le rapproche du \u00ab\u00a0moment surr\u00e9aliste\u00a0\u00bb qui participe d\u2019une exaltation collective pour les arts dits premiers d\u2019Afrique, d\u2019Am\u00e9rique pr\u00e9colombienne, d\u2019Oc\u00e9anie et d\u2019Asie. En communion avec un rejet de l\u2019ensemble des soci\u00e9t\u00e9s industrielles, les folklores europ\u00e9ens sont aussi vus sous un autre jour. Ce sont les concepts m\u00eame d\u2019histoire et de progr\u00e8s qui se trouvent profond\u00e9ment modifi\u00e9s. M\u00e9traux conna\u00eet sa premi\u00e8re \u00e9tude de terrain en 1922, lors d\u2019une excursion dans la r\u00e9gion des lacs de Guanacache o\u00f9 il rencontre les derniers descendants des Huarpes et r\u00e9alise des fouilles. Il part en Su\u00e8de compl\u00e9ter sa formation ethnographique au mus\u00e9e d\u2019ethnographie de G\u00f6teborg aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019anthropologue et arch\u00e9ologue diffusionniste Erland Nordenski\u00f6ld, le premier \u00e0 \u00e9tudier syst\u00e9matiquement les Indiens Chulupi. <\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\"><b>La violence des fronti\u00e8res<\/b><br \/>\n\u00c9l\u00e8ve de Marcel Mauss et de Paul Rivet \u00e0 la Sorbonne \u00e0 Paris, M\u00e9traux soutient en 1928 une th\u00e8se sur les Tupinambas (tribus tupis du Br\u00e9sil) et cr\u00e9e en Argentine, la m\u00eame ann\u00e9e, l\u2019institut d\u2019ethnologie de l\u2019universit\u00e9 nationale de Tucum\u00e1n qu\u2019il dirige jusqu\u2019en 1934. En contact avec l\u2019anthropologie am\u00e9ricaine, il enseigne \u00e0 Berkeley puis Yale, travaille pour l\u2019UNESCO et l\u2019ONU \u00e0 partir de 1946. Si les fronti\u00e8res et la propri\u00e9t\u00e9 sont une raison pour faire la guerre, pour faire couler le sang, pour massacrer, sciemment, des peuples et des cultures enti\u00e8res dont on s\u2019empresse de penser qu\u2019elles seraient \u00ab\u00a0arri\u00e9r\u00e9es\u00a0\u00bb, la volont\u00e9 \u00ab\u00a0d\u2019\u00e9duquer\u00a0\u00bb des soci\u00e9t\u00e9s consid\u00e9r\u00e9es comme m\u00e9prisables \u00e0 l\u2019aune des techniques \u00ab\u00a0modernes\u00a0\u00bb n\u2019est pas moins d\u00e9vastatrice. Bien que des organismes internationaux comparables \u00e0 l\u2019UNESCO ou \u00e0 l\u2019ONU aient \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s pour officiellement repr\u00e9senter une pens\u00e9e humaniste, des id\u00e9es toxiques ont continu\u00e9 d\u2019agir au travers des plans \u00e9conomiques de rentabilisation des terres et des ressources cens\u00e9s apporter croissance, abondance et connaissance. M\u00e9traux s\u2019est r\u00e9guli\u00e8rement senti \u2013 notamment lors de ses missions aupr\u00e8s de paysans ha\u00eftiens \u2013 impuissant face \u00e0 une volont\u00e9 d\u2019aider certaines populations \u00e0 sortir de la pauvret\u00e9 et aux cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur les hommes et les paysages des solutions propos\u00e9es, toutes calqu\u00e9es sur un mod\u00e8le productiviste. Quand cela a \u00e9t\u00e9 possible, il a n\u00e9anmoins toujours essay\u00e9 d\u2019associer les premiers concern\u00e9s \u00e0 la production d\u2019un savoir sur eux-m\u00eames et \u00e0 minorer le d\u00e9nigrement et l\u2019oubli de soi auxquels le monde moderne les contraignait.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\"><b>Son \u00e9l\u00e8ve Pierre Clastres<\/b><br \/>\nAu fil des ann\u00e9es et des exp\u00e9riences, M\u00e9traux d\u00e9veloppe un regard critique sur l\u2019\u00e9cole fran\u00e7aise d\u2019ethnologie \u2013 tout particuli\u00e8rement celle repr\u00e9sent\u00e9e par Marcel Griaule et le Mus\u00e9e de l\u2019homme qu\u2019il consid\u00e8re comme trop herm\u00e9tique aux avanc\u00e9es de l\u2019anthropologie sociale. Cette attitude selon lui trop peu soucieuse des r\u00e9alit\u00e9s sociales et \u00e9cologiques propres aux soci\u00e9t\u00e9s \u00e9tudi\u00e9es lui semble li\u00e9e \u00e0 une posture colonialiste. Toute sa carri\u00e8re, M\u00e9traux sera aux c\u00f4t\u00e9s de L\u00e9vi-Strauss un v\u00e9ritable passeur entre l\u2019anthropologie am\u00e9ricaine et la tradition fran\u00e7aise, une position interm\u00e9diaire dont il diffuse l\u2019h\u00e9ritage \u00e0 l\u2019\u00c9cole pratique des hautes \u00e9tudes \u00e0 Paris o\u00f9 il sera directeur de la V<\/span><span class=\"s2\"><sup>e<\/sup><\/span><span class=\"s1\"> section \u00e0 partir de 1959. Parmi ses plus fameux \u00e9l\u00e8ves, on compte Pierre Clastres, connu pour ses travaux d\u2019anthropologie politique. D\u2019abord influenc\u00e9 par le marxisme antistalinien repr\u00e9sent\u00e9 par <i>Socialisme ou Barbarie <\/i>et le <i>Discours de la servitude volontaire <\/i>d\u2019\u00c9tienne de La Bo\u00e9tie, puis par une vision anarchiste des formes de soci\u00e9t\u00e9s, Clastres participe d\u2019un renouveau de l\u2019anthropologie<i> <\/i>politique pla\u00e7ant en son centre non pas l\u2019\u00c9tat comme finalit\u00e9 supr\u00eame, mais la capacit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er un syst\u00e8me qui sache emp\u00eacher l\u2019apparition d\u2019un appareil d\u2019\u00c9tat d\u00e9tenteur d\u2019une violence l\u00e9gitime dont il abuserait. Dans la lign\u00e9e de ses a\u00een\u00e9s, Clastres fait partie du courant am\u00e9ricaniste en France. Suite \u00e0 des d\u00e9saccords relatifs au structuralisme, il rompt avec L\u00e9vi-Strauss et quitte le laboratoire d\u2019anthropologie sociale que ce dernier dirige.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\"><b>Sauveur de vies<\/b><br \/>\nDans son livre publi\u00e9 posthume en 1992, <i>Mythologie des Indiens Chulupi,<\/i> Pierre Clastres rend un \u00ab\u00a0Hommage \u00e0 Alfred M\u00e9traux\u00a0\u00bb dans lequel il<i> <\/i>d\u00e9crit son d\u00e9sespoir et sa d\u00e9cision de se donner la mort en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0Au travers du respect, de l\u2019admiration m\u00eame qu\u2019il \u00e9prouvait pour cette qualit\u00e9 unique des relations entre les hommes dans le monde indien, M\u00e9traux se trouvait confront\u00e9, au plus profond de lui-m\u00eame, \u00e0 une certaine faillite de notre civilisation, \u00e0 une certaine difficult\u00e9 de se maintenir dans ce monde-l\u00e0. Tout sans doute ne s\u2019articulait pas en lui \u00e0 l\u2019amertume qui le blessait. Mais nous savons n\u00e9anmoins que la m\u00eame rigoureuse exigence de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 se d\u00e9ploie dans le risque majeur de sa vie, s\u2019il en r\u00e9sulte le salut d\u2019une tribu, puis dans son acte ultime, dans la mort qu\u2019il s\u2019est donn\u00e9e.\u00a0\u00bb Dans le m\u00eame livre, Clastres raconte une belle histoire qui donne du baume au c\u0153ur. En 1932-1935, M\u00e9traux travaillait sur les Indiens Mataco et Toba dans la jungle du Gran Chaco argentin alors que s\u00e9vissait la guerre. \u00c0 proximit\u00e9 des soldats argentins, il avait un soir entendu leurs propos disant qu\u2019ils pr\u00e9voyaient le lendemain \u00e0 l\u2019aube de traverser le fleuve Pilcomayo, qui marquait la fronti\u00e8re entre l\u2019Argentine et le Paraguay, pour massacrer la tribu des Indiens Chulupi qui vivent dans le Chaco paraguayen. Le lendemain, M\u00e9traux d\u00e9cide de traverser le fleuve \u00e0 la nage et de pr\u00e9venir le campement Chulupi. Cette histoire, alors qu\u2019il menait une enqu\u00eate de terrain, Clastres l\u2019entendit pour la premi\u00e8re fois de la bouche des Chulupi qui \u00e9voqu\u00e8rent un soldat argentin qui leur aurait sauv\u00e9 la vie. Ce n\u2019est que beaucoup plus tard que Clastres comprit qu\u2019il s\u2019agissait de M\u00e9traux lorsque ce dernier lui rapporta l\u2019anecdote quelques semaines seulement avant sa mort. S\u2019il n\u2019avait pas \u00e9tudi\u00e9 les Chulupi afin de pr\u00e9server leur m\u00e9moire, il leur sauva la vie ce jour-l\u00e0 gr\u00e2ce \u00e0 son courage et sa profonde empathie, lui qui d\u00fb traverser un fleuve plein de piranhas et ne pas craindre les fl\u00e8ches des Indiens qui l\u2019avaient pris pour un soldat argentin.<\/span><\/p>\n<p>Clara Pacquet, Ao\u00fbt 2019<\/p>\n<p>*************<\/p>\n<p>Text urspr\u00fcnglich in der 8. Ausgabe der Berliner Strassenzeitung <a href=\"https:\/\/artsoftheworkingclass.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Arts of the Working Class<\/em><\/a> ver\u00f6ffentlicht.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"4163\" data-permalink=\"https:\/\/clarapacquet.com\/?attachment_id=4163\" data-orig-file=\"https:\/\/clarapacquet.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/AWC-Preview-I8-7.jpg.1100x700_q85-e1572283548441.jpg\" data-orig-size=\"494,655\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"AWC-Preview-I8-7.jpg.1100x700_q85\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/clarapacquet.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/AWC-Preview-I8-7.jpg.1100x700_q85-e1572283548441-226x300.jpg\" data-large-file=\"https:\/\/clarapacquet.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/AWC-Preview-I8-7.jpg.1100x700_q85-e1572283548441.jpg\" class=\"alignnone size-full wp-image-4163\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/clarapacquet.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/AWC-Preview-I8-7.jpg.1100x700_q85-e1572283548441.jpg?resize=494%2C655\" sizes=\"auto, (max-width: 494px) 100vw, 494px\" srcset=\"https:\/\/i1.wp.com\/clarapacquet.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/AWC-Preview-I8-7.jpg.1100x700_q85-e1572283548441.jpg?w=494 494w, https:\/\/i1.wp.com\/clarapacquet.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/AWC-Preview-I8-7.jpg.1100x700_q85-e1572283548441.jpg?resize=226%2C300 226w\" alt=\"\" width=\"494\" height=\"655\" data-attachment-id=\"4163\" data-permalink=\"http:\/\/clarapacquet.com\/?attachment_id=4163\" data-orig-file=\"https:\/\/i1.wp.com\/clarapacquet.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/AWC-Preview-I8-7.jpg.1100x700_q85-e1572283548441.jpg?fit=494%2C655\" data-orig-size=\"494,655\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"AWC-Preview-I8-7.jpg.1100x700_q85\" data-image-description=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i1.wp.com\/clarapacquet.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/AWC-Preview-I8-7.jpg.1100x700_q85-e1572283548441.jpg?fit=226%2C300\" data-large-file=\"https:\/\/i1.wp.com\/clarapacquet.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/AWC-Preview-I8-7.jpg.1100x700_q85-e1572283548441.jpg?fit=494%2C655\" \/><\/p>\n<p class=\"p1\"><b>Alf<\/b><strong>red M\u00e9traux ou \u201cla nostalgie du n\u00e9olithique\u201d, text published in <em>Arts of the Working Class <\/em>n\u00b0\u00a08, \u201cBeyond the Metaphysics of the West\u201d<\/strong><\/p>\n<p>ARTS OF THE WORKING CLASS, 8th Edition, published in collaboration with the associate editors Bhavisha Panchia and Denis Maksimov,<br \/>\nthe editorial assistance of Hallie Frost, and the contributors \/ Gespr\u00e4chspartner*Innen:<br \/>\nMohammad Al-Hassani, Mirela Baciak, Miriam Cahn, Jeanne Coppens, Chad Cordeiro, Anna Ehrenstein, Elmgreen &amp; Dragset, Fred Dewey, Florian Endres, Eduard Freudmann, Hallie Frost, Michel Hakimi, Lien Heidenreich-Seleme, Kumbuka Collective, LA Poverty Department, Lisette Lagnado, Lawrence Lek, Dalia Maini, Denis Maksimov, Luiza Margan, Neo Muyanga, Nat Marcus, Mpho Ndaba, Elizabeth Otto, Clara Pacquet, Bhavisha Panchia, Agust\u00edn P\u00e9rez Rubio Kolja Reichert, Mohammad Salemy, Fette Sans, Christoph Sehl, Pelin Tan, \u00c1ngels Miralda Tena,Timo Tuominen, The Winter Office, Ja\u015bmina W\u00f3jcik, Andrei van Wyk, Kerstin Zilm<\/p>\n<p>Images by Saddiq Abubakar, Miriam Cahn, Michael Hakimi, Maansi Jain<\/p>\n<p>Extrablatt by European Alternatives for the Transeuropa Festival, with a poster inside, by Jonas Staal<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alfred M\u00e9traux ou la \u00ab\u00a0nostalgie du n\u00e9olithique\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Pour montrer la vanit\u00e9 de l\u2019exhaustivit\u00e9 et de l\u2019objectivit\u00e9 apparente, j\u2019introduis volontairement des erreurs. Par exemple, dans mes documentaires, il y a toujours&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4307,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[135,139,163,167],"tags":[704,705,447],"class_list":["post-4203","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-135","category-andere-texte","category-pressezeitschriften","category-publikationen","tag-anthropologie","tag-politik","tag-postkolonialismus"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/clarapacquet.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Untitled-1-scaled.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p7PUdz-15N","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clarapacquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4203","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clarapacquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clarapacquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clarapacquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clarapacquet.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4203"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/clarapacquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4203\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4910,"href":"https:\/\/clarapacquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4203\/revisions\/4910"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clarapacquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4307"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clarapacquet.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4203"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clarapacquet.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4203"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clarapacquet.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4203"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}